Mesdames, Messieurs,
Le secteur de l’eau potable et d’assainissement de base se définit comme étant l’un des sous-secteurs utilisateurs de la ressource « eau et assainissement ». Les principales activités dudit secteur peuvent être classées en trois (3) catégories à savoir :

  • Les études de faisabilité des projets ;
  • Les travaux de construction, de réhabilitation et/ou d’extension des ouvrages, et enfin,
  • La gestion et la pérennisation des ouvrages.
  • Pour garantir un service performant, le Gouvernement du Burundi a entamé depuis 20O7, des réformes dans le secteur visant notamment la réorganisation et la mise à jour des données statistiques du secteur, l’intensification des interventions et la professionnalisation de la gestion des infrastructures d’eau potable et d’assainissement de base. C’est dans cette logique qu’il a été effectué un Inventaire National Eau et Assainissement à deux reprises (en 2007 et 2012), que des projets d’eau potable et d’assainissement ont été réalisés à travers tout le pays et ont été signées des conventions de délégation de gestion des services publics d’eau entre les communes-maîtres d’ouvrage et Régies Communales de l’eau-Gestionnaires délégués du service. En vu de pérenniser ces acquis, de donner une place adéquate à l’assainissement de base et de consolider les efforts des institutions jadis séparées, le Gouvernement du Burundi vient de mettre en place une structure issue de la fusion de l’ex-Agence Burundaise de l’Hydraulique Rurale (AHR) et du Projet Eau et Assainissement (PEA) par le Décret n° 100/119 du 11 Décembre 2015 portant statuts de l’Agence Burundaise de l’Hydraulique et de l’Assainissement en Milieu Rural « AHAMR » en sigle, ayant pour mission :
  • l’élaboration des politiques, des programmes et des projets d’eau potable et d’assainissement de base dans le milieu rural ;
  • l’exécution directe ou indirecte des études et /ou travaux nécessaires en vu d’alimenter les populations rurales en en eau potable ;
  • l’application des règles d’hygiène par l’utilisation des installations sanitaires adéquates.
  • Pour la réalisation de ses missions, l’AHAMR est dotée d’une structure composée de trois départements à savoir :
    - La Direction Technique de l’Assainissement chargée de planifier, exécuter et coordonner toutes les activités d’assainissement et de participer aux activités d’éducation pour la santé ;
    - La Direction Technique de l’hydraulique chargée de planifier, exécuter et coordonner toutes les activités d’approvisionnement en eau potable ;
    - La Direction Administrative et Financière chargée de veiller à l’application du manuel des procédures administratives et Financières.
    Vu sa mission, les résultats de cette institution demande un travail en synergie et une implication effective de beaucoup d’acteurs notamment les bénéficiaires des infrastructures d’eau et d’assainissement(les communautés), les représentants de l’administration surtout locale, les différents leaders, ainsi que les partenaires techniques et financiers. Le domaine d’intervention de notre agence est parmi les domaines prioritaires de la vie de tout être humain et cela pour des raisons suivantes :
  • Notre corps étant constitué de l’eau à plus de 80%, il est inimaginable de pouvoir vivre sans l’eau et au mieux sans l’eau potable ;
  • L’eau a à la fois des effets curatifs et préventifs ;
  • L’assainissement adéquat contribue énormément à l’amélioration de l’état de santé par la prévention et même l’éradication de beaucoup de maladies ;
  • Les études ayant déjà prouvée que l’économie mondiale perd plus de 32 millions de dollars par an en conséquence d’un assainissement non adéquat, nous pouvons affirmer que l’assainissement adéquat contribue beaucoup au développement économique et social. Dit-on que « l’eau c’est la vie et l’assainissement c’est la dignité humaine.
  • Mesdames, Messieurs, La couverture actuelle en infrastructures d’Eau potable et d’Assainissement de base en milieu rural reste toujours problématique surtout dans le secteur d’assainissement de base. Les résultats de l’inventaire national en eau et assainissement de 2012 nous donnent un taux de couverture en eau potable de 60% et de 14% en assainissement de base. Dans la vie pratique, cela se traduit par les longues distances que la population doit parcourir pour accéder à l’eau potable et l’insuffisance évidentes des latrines adéquates. Cela est ainsi au moment où le CSLP II voudrait que nous atteignions un taux de couverture en eau potable de 70% et un taux de latrinisation de 50% à la fin de l’exercice 2016. Il est évident que, vu le temps restant, nous ne pourrons pas atteindre ces objectifs, mais dans son allocution adressée à la population rurale, à l’occasion du lancement officiel de la campagne de latrinisation, son Excellence le Ministre de l’Energie et des Mines a exhorté tous les intervenants du secteur en milieu rural à faire de notre mieux pour atteindre au moins les cibles fixées par le CSLPII d’ici 2020 c'est-à-dire un taux de 70% pour l’eau potable et 50% pour l’assainissement de base. Et ceci, dans le cadre de mise en œuvre de la recommandation faite par Son Excellence Monsieur le Président de la République du Burundi dans son discours adressé à la nation le 1er mai de cette à l’occasion de la fête du travail et du travail. Mesdames, messieurs, Dans le cadre de s’aligner à ces orientations, l’Agence Burundaise de l’Hydraulique et de l’Assainissement en Milieu Rural a enregistré pas mal de réalisations durant ces 6 derniers mois. Permettez-moi donc de vous en présenter le bilan. Assainissement A travers la direction de l’assainissement, l’agence a enregistré des réalisations considérables à savoir :
  • L’évaluation de l’impact socio-économique du projet de construction des infrastructures à biogaz dont la construction est prévue au Centre des malades mentaux de Mutwenzi ;
  • Réalisation d’une mission de prospection, l’établissement d’un devis et la mobilisation des fonds pour l’exécution du projet ;
  • Contribution à la préparation du projet d’eau potable et assainissement pour les zones endémiques au choléra ;
  • Construction de la partie inférieure d’un bloc de latrine à deux trous vidangeables à l’Ecole Fondamentale de Gahwazi II.
  • Préparation des cérémonies de lancement officiel de la campagne d’assainissement de base ;
  • La réalisation d’une visite de prospection en vue d’une étude de faisabilité de l’assainissement de la ville de Rumonge.
  • EN EAU POTABLE
    Des réalisations notables ont été aussi enregistrées à travers la direction technique de l’Hydraulique. Ici nous citerons :
  • La préparation des cérémonies de lancement officiel de la campagne d’installation des compteurs à eau qui a eu lieu en commune Nyanza-Lac de la province Makamba en date du 23 Mars 2016.
  • La réalisation des études de faisabilité des projets d’AEP telles que :
  • - L’étude de faisabilité de l’AEP Kabirizi-Kagwema en province de Bubanza ;
    - L’étude de faisabilité de l’AEP Gikaragata en province de Makamba ;
    - L’étude de réhabilitation de l’AEP Giheta en province de Gitega ;
    - Les études de faisabilité des AEP Mugina-Rugombo, Ndora et Nyamagana en province de Cibitoke ;
    - L’étude de faisabilité de l’AEP Gatongati en province Kayanza ;
    - L’étude de l’AEP Nyamugerera en province de Bubanza ;
    - L’étude de l’AEP Rusenya-Nyabagere.
    Pour ne citer que cela
    - Des travaux de construction, réhabilitation et extension des adductions d’eau potable ont aussi été réalisés. Nous pouvons citer entre autre :
    - La réhabilitation de l’AEP Rushiha-Karinzi d’un linéaire total de 48Km qui alimente aujourd’hui plus de 5000 personnes, plus de 10 écoles et 3 Centres de Santé ;
    - La construction de l’AEP Muyange II à station de pompage et d’un linéaire total de 12 km, alimentant 8.400 personnes ;
    - La réhabilitation et extension de l’AEP Rusenya-Nyabagere ;
    - Les déplacements des conduites des AEP Muhwazi et Muyange sur des tronçons de 15km chacune et alimentant plus de 3000 personnes;
    - La construction de l’AEP Gihungwe de 13,5 km qui alimente environ 4.000 ménages soit 24.000 Personnes. L’installation des compteurs à eau au niveau des réservoirs de refoulement des 4 stations de pompage.
    - En matière du renforcement des capacités des gestionnaires, des Régies Communales de l’eau ont été appuyées lors de l’élaboration des plans et budgets et des communes ont bénéficié de nos appuis-conseils.
    Administratif et finances
    A travers la direction administrative et financière, l’Agence se réjouit des réalisations telles que :
    L’acquisition des tuyaux et accessoires destinés à la construction des réseaux d’adduction d’eau d’un linéaire cumulé d’environ 32 km à octroyer dans le cadre des travaux de développement communautaire;
    Le suivi de l’utilisation du matériel précédemment distribué aux communes;
    L’achat du matériel électrique destiné aux stations de pompage de Mpinga, Rusumo, Mubira et Bugabira ;
    L’établissement des états financiers 2015 de l’ex-AHR ;
    La réorganisation du classement et de l’archivage ;
    L’élaboration des statuts et du Règlement d’Ordre Intérieur de l’Agence en attente de validation par qui de droit ;
    L’élaboration du plan d’action budgétisé sur la période de Juin 2016-Décembre 2017 ;
    L’ouverture et/ou la réouverture des dossiers litigieux dont deux ont déjà abouti et ont permis de recouvrer une somme de 8.625.000 FBU ;
    L’amélioration de la connexion du personnel à l’internet et la mise en réseau des imprimantes ce qui va permettre l’économie de 60.142.400 BIF;
    La création et l’opérationnalisation du site Web de l’agence ;
    Le renforcement des capacités des membres de la cellule communication en matière de gestion du site Web.
    Perspectives du 2è semestre Au cours de ce deuxième semestre de l’année que nous venons de commencer, nous souhaiterions réaliser des activités telles que :
    1. Construire et étendre l’AEP Shasha-Murembera en Province Rutana ;
    2. Construire l’AEP Cigati-Buhiga en province Karuzi ;
    3. Construction de la 1ère phase de l’AEP Ndora en province Cibitoke ;
    4. Construire un système d’infrastructures d’assainissement au centre des malades mentaux de Mutwenzi ;
    5. Construire des blocs de latrines vidangeables dans les provinces de Gitega, Makamba et Ngozi ;
    6. Poursuivre la campagne de latrinisation ;
    7. Poursuivre la mobilisation des fonds pour l’exécution des projets susmentionnés.

    Distingués invités, Mesdames, Messieurs;
    Malgré ces efforts consentis dans le secteur de l’eau et l’assainissement, des contraintes majeures sont peuvent être relevées. Nous pouvons citer entre autres :
    • Insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières pour bien développer le secteur ;
    • Faible appropriation des ouvrages hydrauliques et d’assainissement par la population et autorités locales ce qui favorise la dégradation rapide des infrastructures et le vandalisme ;
    • La communication insuffisante entre les différents acteurs du secteur ce qui paralyse toutes les activités du secteur;< • Les données qui ne sont pas à jour ce qui rend difficile la planification et l’évaluation des accomplissements du secteur ;
    • Les conventions de délégation de gestion ne sont pas mises en œuvre par les communes et les gestionnaires ;
    • Le système de gestion des infrastructures d’assainissement non encore existant et dont la mise en place nécessite beaucoup de moyens ;
    • Faible niveau de financement des infrastructures publiques d’eau potable et d’assainissement ;
    • Faible pouvoir d’achat de la population ;
    • Non priorisation du secteur par les différentes autorités (des autorités collinaires aux autorités provinciales et de la population aux élus, des leaders traditionnels aux leaders religieux).
    Mesdames, Messieurs ;
    Les contraintes que nous venons de citer peuvent être levées ou maitrisées, si toutes les parties prenantes se levaient comme une seule personne et contribuaient chacun en ce qui le concerne. C’est ainsi que nous voudrions profiter de cette occasion pour interpeller toutes les parties prenantes au secteur : A la population bénéficiaire: De s’approprier des infrastructures hydrauliques et d’assainissement, de les sécuriser et de payer le prix du service de l’eau potable en vue de pérenniser les ouvrages mis à leur disposition ; Aux leaders communautaires et aux autorités religieuses De contribuer à la sensibilisation de la population en matière d’appropriation des ouvrages d’eau potable et d’assainissement et de changement de comprtement en matière d’assainissement. De servir de bons exemples à la population. A tous les intervenants dans le secteur de l’eau potable en milieu rural, à continuer à s’investir pour le développement du secteur et d’offrir un travail répondant aux normes techniques et de qualité. D’être bien disposés à la collaboration avec l’Agence ayant l’eau potable et l’assainissement de base dans ses attributions, de lui communiquer chaque fois que de besoin et d’être toujours prêts à partager les rapports et les informations tels que souhaités.
    Conclusions
    Avant de terminer mes propos, je saisis cette occasion pour remercier encore une fois tout le monde ici présent, toute personne qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de cette conférence. Je tiens à remercier également les Partenaires Techniques et Financiers qui nous sont toujours prêts à nous appuyer pour la réussite dans nos réalisations et dans le processus de réformes du Secteur de l’Eau potable et de l’Assainissement en cours. Vive le secteur de l’eau potable et l’assainissement ; Vive l’accès pour tous à un assainissement adéquat et à un service perein de l’eau potable, Vive le Burundi,
    Je vous remercie !
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